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Septembre 2015 : Retour sur la 1ère édition du Salon Black Beauty Fair d’Abidjan

A l’heure où les yeux du monde se posent sur l’Afrique comme sur la terre promise à de nouveaux horizons pour nos marchés matures en cosmétique, s’est tenue, à Abidjan les 11, 12,13, Septembre dernier, la première édition du salon Black Beauty Fair.

Trois jours qui avaient pour objectif de mettre en lumière les marques et initiatives locales, rythmés par des conférences d’experts sur les thèmes centraux de l’entreprenariat en Afrique de l’Ouest dans le secteur cosmétique, de l’identité africaine sur un secteur hautement compétitif, du fléau que représente la dépigmentation volontaire de la peau et de l’aubaine que représente le phénomène du retour au naturel.

Etat des lieux :

Une première édition qui s’est faite en grandes pompes dans un lieu d’exception, rassemblant jusqu’à 850 visiteurs, mais qui regrettait la faible présence des marques locales.

De façon symptomatique, le constat que partagent les organisatrices du salon avec les experts invités, Stéphanie Morou, consultante en stratégie marketing multiculturelle et le Dr Samuel Matthey, c’est que les métiers liés à l’esthétisme, tout comme ceux liés à la mode, sont sous-considérés en Afrique de l’Ouest, laissés, la plupart du temps, à ceux qui n’ont pas fait d’études et dont les produits sont vendus au grand marché.

Le manque de formation aux métiers de cosmétologues, de dermatologues et d ‘esthéticiennes explique le faible niveau de professionnalisation de la filière. Beaucoup s’improvisent revendeurs de produits cosmétiques sur un positionnement de mass ; et peu s’aventurent dans la conception et la fabrication des produits avec la maîtrise de la supply chain.

Le manque de chiffres et de visibilité sur ce secteur d’activité freinent l’arrivée des marques étrangères ; ce qui à la fois ne participe pas à la premiumisation de l’offre ni au développement de la complexité de la demande.

Pourtant, avec 35 nuances de noirs et 1milliard d’individus, le potentiel d’affaire est grand.

La marque GLAM, découverte du salon,dédiée au maquillage des peaux foncées avec des visuels très esthétiques portés par leur égérie Awa Sanoko, mannequin très remarqué sur les derniers podiums africains ; a d’ailleurs clairement compris l’enjeu de cet immense marché allant de l’Afrique aux frontières du monde tant les peaux brunes sont dispersées.

L’Afrique, c’est 54 états souverains mais une structuration de marché qui ne laisse pas la part belle aux marques africaines.

La faible présence de marques locales made in Africa témoigne d’un secteur jusque là trusté, depuis des années, par des marques indiennes ou libanaises, qui se fondent littéralement dans le paysage auprès des nombreux instituts de beauté et salons de coiffure.

Ainsi, se dégage de façon dichotomique :

D’un côté dans sa forme la plus répandue : une économie informelle sur les étales de marché et autres circuits peu contrôlés comme les esthéticiennes ambulantes pratiquant des prix fixés à la tête du client où se côtoient sous une chaleur cuisante: des produits de cosmétique naturels fait maison aux côtés de produits de mauvaises qualités, frelatés, des contrefaçons et surtout des produits éclaircissants valorisant le teint clair des orientales et des indiennes.

De l’autre côtédans une forme moins répandue : une économie formelle au positionnement de premium à luxe des marques françaises et américaines, soutenues par des boutiques multimarques ayant pignons sur rue, des boutiques en propre dans les centres commerciaux, une offre dans les supermarchés aux prix fixes et affichés.

Des réglementations décisives pour un bouleversement des pratiques :

Le 29 avril 2015, pour la 1ère fois en Afrique de l’Ouest, la fabrication, la commercialisation et l’utilisation de produits dépigmentants sont frappés d’interdiction

C’est le conseil des ministres de Côte d’Ivoire, qui le 1er a su prendre cette décision courageuse de s’attaquer à ce commerce juteux et meurtrier, marquant ainsi un bouleversement sans précédent dans le commerce informel de produits dits « cosmétiques » en Afrique de l’Ouest.

Une décision difficile à mener, qui fait suite la décision du Burkina Faso seulement contre l’affichage mais qui précède celle prise par le Ghana très récemment.

L’intention revendiquée est clairement de faire obstacle à cette économie souterraine opaque afin d’encourager le développement des marques de qualité qu’elles soient africaines ou internationales et de contribuer à l’émergence de l’Afrique authentique, plurielle et belle.

Copyright : Stéphanie MOROU – METIS INSIGHTS pour PREMIUM BEAUTY NEWS

Multi-cultural, Business consultant & Trend forecaster for Luxury, Fashion & Beauty professionals. www.metis-insights.com

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