Retour sur les 1ères rencontres cosmétiques de Dakar( FR)

Novembre 2013 : Retour sur les 1ères rencontres cosmétiques de Dakar (FR)

Stéphanie MOROU _ Multi-cultural Consulting and Trend forecasting for Luxury Beauty & Fashion professionals.

Les premières rencontres cosmétiques de l’Afrique de l’Ouest  se sont tenues à Dakar les 5, 6,7, Novembre dernier à l’initiative de Amal Ayad et Etienne Soudant, tous deux experts en cosmétologie, chimiste cosmétologue et formulatrice pour l’une et Directeur Scientifique pour l’autre.

Au programme : échanges d’informations, d’expériences de praticiens sur le phénomène de la pigmentation de la peau et de sa dépigmentation volontaire, les raisons de l’alopécie, les  formulations du défrisage et actifs disponibles et enfin mise en rapport de l’ethnobotanie Sénégalaise et de la cosmétopée.

Metis Insights y était et interroge pour vous, les deux organisateurs :

MI : Sur une manifestation de trois jours, vous avez accordé une large place au partage d’informations relatives à la dépigmentation de la peau et au défrisage des cheveux puisque l’essentiel des conférences des deux premiers jours y étaient consacrées. Pourquoi avoir fait ce choix dans votre programmation ?

Il est important de contribuer à comprendre et à faire savoir l’intérêt que les mélanines ont pour la peau toutes ethnies confondues et que vouloir s’en passer par l’éclaircissement, outre des problèmes esthétiques et de santé publique que cela génère, est une démarche physiologiquement pas très logique.

Par contre, les approches visant à améliorer l’éclat du teint
et à réduire les taches disgracieuses est une démarche censée que ces rencontres ont essayées de mettre en avant tant auprès des scientifiques cosmétologues que des fournisseurs de matières premières.

Quant au cheveu, bien informer sur le mauvais usage du DEFRISAGE sans neutralisation appropriée, était notre priorité puisque que dans cette zone du monde : les femmes  sont touchées par l’alopécie bien avant l’âge de la ménopause.

MI : La Cosmétopée, on le sait au cœur des préoccupations actuelles de la Cosmetic Valley, représentait  le thème du troisième et dernier jour de la manifestation, pensez-vous que l’Afrique a sa carte à jouer ?

Par sa tradition forte d’usage de plantes médicinales dans les gestes du quotidien,  il est évident que l’Afrique a sa carte à jouer dans le recensement des plantes à usage cosmétique qui a été entrepris par la Cosmetic Valley.

On constate d’ailleurs que les plantes concernées par un usage cosmétique (cosmétopée) dépassent d’ailleurs le nombre de plantes médicinales (pharmacopée) et en plus, elles ont bien souvent des fonctions alimentaires et des vertus nutritives non négligeables. Reste le problème que c’est absolument l’Afrique qui doit bénéficier de

la valeur ajoutée apportée par l’usage de ces plantes en cosmétique. Pour se faire une amélioration des connaissances de la peau saine et de la cosmétique est importante au niveau africain, ce à quoi ces rencontres veulent contribuer.

MI : Etait-ce important de tenir ces premières rencontres en Afrique de l’ouest et plus précisément au Sénégal ?

Très important effectivement que ces rencontres se tiennent en Afrique de l’Ouest et nous pensons d’ailleurs si l’intérêt se fait sentir lors des prochaines rencontres : créer la Société de Cosmétologie de l’Afrique de l’Ouest (SCAO). Une société savante à but non lucratif affiliée sans doute à l’International Federation of Societies of Cosmetic Chemists (IFSCC) regroupant 47 sociétés savantes en cosmétologie et 57 pays (www.ifscc.org).

Très probablement les prochaines rencontres prévues en décembre 2014 se tiendront encore au Sénégal mais les suivantes pourront changer de pays.

MI : La manifestation pour sa première édition était plutôt confidentielle :

Pourquoi avoir choisi d’accès cette rencontre sur l’information  de professionnels à professionnels plutôt que d’organiser un salon grand public ?

Quel était l’enjeu ?

Ce salon s’adressait aux professionnels de l’industrie cosmétique de l’Afrique de l’Ouest. Pour une fois, les fournisseurs venaient à la rencontre des formulateurs Ouest Africains qui ne peuvent se déplacer en Europe pour des problèmes de visa.

Quelle conclusion tirez-vous de cette première rencontre cosmétique en Afrique ?

Qu’il est évident que de telles rencontres ont un intérêt fort à tout point de vue (formulation, toxicologie, législation, propriété intellectuelle, développement durable, etc).

MI : Comment voyez-vous la suite ?

De nouvelles rencontres en décembre 2014 au Sénégal puis les années suivantes dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest.

Les thématiques seront, bien entendu, toujours centrées sur les peaux noires et métissées et la  priorité toujours donnée au développement durable et sur le développement de cosmétique de qualité à prix abordables conçus et réalisés en Afrique. Et bien entendu, nous sommes ouverts à toutes suggestions qui seront les bienvenues.

Retrouvez aussi cet article sur le site www.premiumbeautynews.com 

Stéphanie Morou –  METIS INSIGHTS 

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